LE DEPUTE SAMOU SEIBOU ADAMBI : «On peut s’attendre à une alliance Fcbe- Général Gbian…»

Publié le par Rochereau

LE DEPUTE SAMOU SEIBOU ADAMBI : «On peut s’attendre à une alliance Fcbe- Général Gbian…»

L’ancien député Samou Séidou Adambi travaille pour le retour de la quiétude et de la restauration de la paix dans la 8ème circonscription électorale. Selon ses propres mots, c’est l’objectif principal de la nouvelle alliance qu’il a scellée avec les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) le week-end dernier à Parakou. « Avec cette décision, 99% de nos électeurs sont soulagés», a-t-il déclaré à «Matin Libre». Pour lui, ce choix plutôt réaliste a été fait en tenant compte des enjeux de la présidentielle de 2016. Samou Séidou Adambi a aussi souligné que le prochain allié des Fcbe pourrait bien être le 2ème vice-président de l’Assemblée nationale, le Général Robert Gbian. Lire l’intégralité de l’entretien.

Matin Libre : Bonjour Honorable Samou Séidou Adambi. Le week-end écoulé vous avez rejoint les Fcbe, votre famille politique d’origine. Pourquoi avez fait ce choix ?

He Samou Séidou Adambi : Je voudrais d’abord remercier votre quotidien pour l’occasion qu’il m’offre afin que vos lecteurs puissent comprendre les raisons ayant motivé ce choix. Je voudrais d’entrée de jeu dire que ce choix ne fera pas plaisir à tout le monde, notamment ceux qui ne sont pas mes électeurs dans ma circonscription. Ils sont des admirateurs de loin mais ils ne savent nécessairement pas ce qui se passe sur le terrain. Je voudrais dire que cette décision a été très appréciée par les populations à la base. Que ce soit la population proche de la famille Fcbe ou celle qui m’est restée fidèle malgré la traversée du désert que nous avons effectuée pendant tout ce temps, à leur niveau, c’est un soulagement. C’est un soulagement parce que toutes les fois qu’il faut aller à un scrutin à Parakou en étant sur une liste opposée à celle présidentielle, ce n’est souvent pas facile pour les populations. Je ne pourrai pas dire que ça a été facile pour moi aussi parce que je connais tous les moyens que les Forces cauris ont et déployaient sur le terrain. Je dis bien, tous les moyens. Aucune exception faite. Nous l’avons traversé, le désert, depuis 2009 à nos jours. Tous les combats qui nous concernent sont presque terminés. Ce qui arrive, c’est la présidentielle de 2016. Pourrons-nous être des gagnants en étant opposés à cette famille politique ? Malgré tout ce que nous avons fait dans ce pays, analysons les scores des dernières élections sur l’ensemble du territoire national, notamment dans notre circonscription électorale. Il faut voir la réalité en face et les peines dans lesquelles nous mettons nos populations chaque fois que nous devons aller au scrutin. Est-ce qu’il n’était pas tant de faire baisser le mercure? Ce sont les réponses à ces questions qui nous ont amenés à décider d’agir dans l’intérêt de notre circonscription électorale. Il faut qu’on aille à l’accalmie. Même en dehors des périodes électorales, les tensions restent au sein des familles, entre même amis. Au moment où on créait le Rdi-Anfani, plusieurs cadres qui étaient avec nous ont été nommés par le gouvernement. C’est difficilement pour eux de voir ceux qui sont restés à Rdi-Anfani. En prenant cette décision, 99% de ceux qui ont l’habitude de voter pour nous, sont soulagés. Aujourd’hui, qu’est-ce qui va encore nous opposer politiquement? Allons-nous continuer à être les vedettes de la sensation pour les autres qui nous regardent et qui ne peuvent même pas agir? Non, ce n’est pas la peine de continuer.

Vous refusez de continuer à être les vedettes de la sensation alors que Honorable Adambi, il y a quelques mois vous dénonciez un système de gestion. Aujourd’hui, y-a-t-il eu amélioration pour que vous scelliez une nouvelle alliance avec les Fcbe?

Lorsque j’ai fait ma déclaration le week-end passé, j’ai bien dit que les Fcbe restent la première force politique au niveau national. 2016 est proche. Allons-nous encore les affronter pour nous faire battre? Non. Les Forces cauris nous ont tendu la main. Et c’est la moindre des choses pour qu’on puisse préparer l’avenir dans la paix et la sérénité.

On vous a tendu la main. Vous venez de le certifier. Citez-nous deux ou trois noms ayant véritablement travaillé pour que vous preniez votre décision.

Ce n’est pas nécessaire que je cite des noms. Mais ce sont des acteurs politiques de notre circonscription d’origine. Vous pouvez déjà avoir une idée des personnalités qui sont très impliquées dans ce processus.

L’Honorable Rachidi Gbadamassi et le ministre Aboubacar Yaya ?

Exact. Tous ceux que vous voulez. Ils font partie des gens qui sont intervenus. Mais il y a également des sages qui nous ont demandé de ramener la balle à terre.

Voudriez-vous dire que vous n’avez subi aucune pression de la part du gouvernement pour prendre cette décision-là?

Pourquoi de pression politique? Les pressions politiques qu’on pouvait subir, c’est dans le passé. On avait subi des pressions. Et on a tenu bon. On a fait du sensationnel jusqu’ici. Et les gens ont toujours aimé.

Vous venez de dire une fois encore que vous aviez fait du sensationnel. Regrettez-vous aujourd’hui le choix que vous aviez fait?

Je ne le regrette pas. Lors de notre déclaration, nous l’avons assumé. Et durant tout ce parcours, toutes les élections auxquelles on a participé, nous ont appris beaucoup de choses. Nous avons reçu beaucoup de leçons.

Et pourtant, il y a quelques mois vous faisiez partie des chefs de partis politiques ayant mis en place l’Alliance Soleil. Une alliance qui fait rêver les Béninois pour 2016. Depuis que vous avez pris votre décision, quelles sont les réactions de vos désormais anciens alliés de l’Alliance Soleil?

Les anciens alliés, ce sont les autres chefs de parti avec qui nous nous sommes mis ensemble pour créer l’Alliance Soleil. Aucun d’entre eux ne m’a encore appelé. Et c’est bien normal qu’aucun d’entre ne puisse m’appeler. Ça se fera peut-être avec le temps. Il faut que les Béninois sachent que l’Alliance Soleil est née pour la période des deux élections. Les législatives et les communales de 2015. Après les élections, nous devrions nous asseoir, mais on ne s’est jamais retrouvé. Vous avez suivi dans les médias que d’autres responsables au niveau de l’alliance ont déjà pris leur position sans que l’alliance ne se concerte. Chaque partie a retrouvé sa liberté.

Vous voulez parler de l’Honorable Antoine Dayori qui travaille pour Patrice Talon?

Je ne veux pas citer de nom. Je voudrais donc que vous compreniez que l’Alliance Soleil n’a existé que pour les élections. Et c’est clair dans les textes qui nous lient. Au lendemain des élections, on devrait pouvoir s’asseoir pour prendre de nouveaux engagements. Si on ne retient rien, chacun devra prendre son chemin. Chaque partie retrouve son indépendance totale. Et c’est ce qui a permis à d’autres d’agir aussitôt après les élections communales. Mais nous avons préféré répondre à la main tendue des Fcbe pour aller à la conquête du pouvoir en 2016.

Avant votre ralliement aux Fcbe, avez-vous contacté vos anciens alliés pour en discuter avec eux?

Non. Pourquoi le ferais-je? A Rdi-Anfani (le Rassemblement des démocrates indépendants- Anfani Ndlr), nous sommes indépendants. L’alliance ne nous lie pas pour un projet des élections en 2016. Pas du tout.

Mais, Honorable Adambi, on voyait à travers l’Alliance Soleil, le présidentiable Robert Gbian pour 2016?

Oui, c’est vrai. C’est le candidat que je porte dans mon cœur. Jusqu’à demain, je le porte dans mon cœur. Et je pense que la main tendue est également allée en direction du Général Robert Gbian.

Donc on peut s’attendre dans les prochains jours à une alliance entre les Fcbe et le Général Robert Gbian.

Exactement. Nous voudrions que le Général Gbian se retrouve en alliance avec les Fcbe pour que les décisions se prennent ensemble.

Voulez-vous dire que le Général Gbian peut être le candidat unique des Fcbe?

Pourquoi pas? Vous pensez que tous les présidentiables ne veulent pas du soutien des Fcbe? Il n’y en a pas.

Avez-vous discuté avec le Général Gbian avant de faire votre nouvelle déclaration?

C’est une décision du Rdi-Anfani.

Une brouille était née entre le député Rachidi Gbadamassi et vous. Aujourd’hui que vous définissez une nouvelle alliance avec les Fcbe, quels types de rapports entretenez-vous?

Ceux qui sont loin de notre circonscription vont peut-être dire que nous sommes des ennemis. Mais nos populations savent que même en pleine élection, malgré les attaques verbales qu’on s’envoie, on se voit toujours. On discute toujours parce qu’on se dit, un jour on peut se retrouver ; un jour, l’un ou l’autre aura besoin de son prochain. Il ne faudrait pas qu’on se mette dans une situation où on ne pourrait pas se regarder dans les yeux. La vie ne s’arrête pas aux élections. Non. On a toujours sauvegardé nos relations fraternelles malgré les périodes les plus tendues. Nos amis communs le savent. Et eux tous ont œuvré pour qu’il en soit ainsi. Ce que les gens savent jusque-là, c’est Adambi au Nord, Gbadamassi au Sud. Deux anciens opposés. J’étais dans la majorité présidentielle. Il n’y était pas. J’ai quitté et il est entré. Et la guéguerre a continué. Il faut maintenant mettre un terme à cela après toutes les expériences que nous avons pu vivre. Il faut qu’on s’asseye en responsable et discuter de comment notre Commune et les autres Communes de notre circonscription voire toutes celles du département du Borgou vont décoller.

Depuis la prise de votre décision, comment sentez-vous au sein de la famille Fcbe? Et quelles ont été les premières réactions de vos nouveaux alliés?

Ce n’est que le week-end dernier que nous avons assisté à leur conclave. Sur les lieux, on a été bien accueilli. Cette famille Fcbe, c’est ensemble qu’on l’a créée. C’est de gaieté de cœur que je me suis vu parmi eux en tant que force politique alliée. Tout le monde a accueilli cette volonté de réunification et d’apaisement du débat politique pour lesquels nous avons opté.

Honorable, et si cette main tendue était un piège que vous ont tendu vos alliés pour vous abattre politiquement?

Il y a une chose. Il n’y a que Dieu qui abat. Aucun être humain ne peut abattre son prochain. Ça n’a pas été fait en catimini. Et même si c’était l’intention de ces forces politiques, je ne pense pas que cela puisse marcher. Ce qui est clair, notre conscience est dégagée vis-à-vis du climat politique dans la cité de Parakou et environ. Et Dieu saura comment nous récompenser pour cela. C’est d’abord le plus important. Et vous ne pouvez pas savoir ce que nous endurons dans nos familles.

N’avez-vous pas été reçu par le Chef de l’Etat avant la prise de votre décision ?

Je pense que ce n’est pas nécessaire que je vous dise oui ou non. Les jours à venir vont vous édifier.

Honorable Adambi, que direz-vous pour conclure cet entretien?

Je voudrais demander à tous ceux qui pensent que je leur ai fait de mal de m’excuser. Je ne dirai pas que cette décision est d’origine divine. Mais c’est Dieu qui nous inspire. On l’assumera. Et on va affronter tous nos obstacles parce que nous pensons que ce qui est important d’abord dans le milieu où on vit, c’est la paix. Sans cela, on ne peut rien faire de bon. Grâce à cette décision, beaucoup de choses vont changer dans la ville de Parakou. Sinon vous voyez dans la ville, des jeunes qui se réunissent et disent qu’ils sont en assemblée pour Gbadamassi. Et vous êtes obligés de constituer avec vos partisans ce qu’on appelle assemblée. Ils sont là durant toute la journée. Vous ne pensez pas qu’il faut qu’ils aillent travailler véritablement? Ils entretiennent des intrigues pour pouvoir rester là. Nous pensons qu’ils ont mieux à faire. Et il faut qu’on les mette réellement au travail.

Entretien réalisé par Allégresse SASSE

Publié dans Actualité Béninoise

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