Actualité nationale : Les dessous de l’allégeance de certains députés Fcbe à la Rupture

Publié le par RO

Elle avait fait grand bruit à l’époque et après plus rien. L’affaire dite du Segubgate a été le détonateur de l’allégeance de certains députés et personnalités des Forces cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) au régime de la Rupture. Etait-elle faite à dessein ? Difficile de le dire mais le constat est clair. Depuis l’agitation de ce dossier non seulement plus rien ne filtre mais on remarque une ruée vers la Rupture. En effet, au cours du conseil des ministres du 27 juillet 2016, un compte rendu d’une mission d’audit des redevances de l’escorte des véhicules d’occasion en transit au cours de la période 2012-avril 2016 avait été fait.

 Les domaines couverts par cette mission étaient l’estimation des redevances, sur la base des statistiques douanières et de la règlementation des tarifs, taxes et redevances liés à l’activité ; la vérification de l’enregistrement de ces recettes dans les livres du Trésor ;la vérification de la répartition et de l’affectation de ces fonds aux différents prestataires, de la régularité des opérations de paiement et de la réalité des prestations correspondantes et la vérification du traitement des montants consignés et la justification du remboursement des cautions aux clients. La principale structure au centre de la manœuvre était la société d’exploitation du guichet unique du Bénin (Segub), d’où le nom de Segubgate.

 

Selon le conseil des ministres,certains paiements irréguliers ont été effectués au profit de divers opérateurs de la filière par surévaluation de leurs prestations. Il s’agit de : BetraBtp, Chayo Sarl, Epssarl, Gepssarl, Alimoset Fils, Gie Parcs d’accueil zone Sud, Gttb-Travco, Laye Login Gie, Ste Otram Sa, Adeoti Sarl, FiftyFiftyet Ass Exchange. A en croire toujours le compte rendu du conseil des ministres du 27 juillet 2016, le montant reversé sur la période à l’ensemble des prestataires impliqués dans la filière des véhicules d’occasion en transit est évalué à 149,305 milliards de Fcfa dont 14 milliards à la seule société BetraBtp.

 

Quand la justice s’en mêle

Suite à cette dénonciation du gouvernement, la justice s’est saisie du dossier et plusieurs personnes avaient été interpellées et écoutées par le Procureur au tribunal de première instance de Cotonou le 15 novembre 2016. On se souvient qu’aux termes des auditions, 22 personnes avaient été gardées à vue et 4 ont été relaxées. Inutile de revenir sur les noms des personnes épinglées dans cette affaire. Mais pour recouvrer leur liberté provisoire certains mis en cause avaient dû payer des cautions ou déposer des garanties à cet effet. Ça, c’est ce que tout le monde sait. Et depuis plus rien. Un an après, personne ne peut dire ce qu’est devenu ce dossier.

 

Les fonds ont servi à quoi ?

A priori, les décaissements effectués avaient pour principe de régler des factures des prestationsréalisées par les sociétés citées. Sauf que des investigations, il se révèle que pour plusieurs, aucune prestation n’avait été effectuée ni pour le compte de la filière ni pour celui de Segub. Des recoupementseffectués, il se dégageque sous le pouvoir du changement, dans sa volonté d’être toujours proche des populations, l’ancien chef de l’Etat avait décidé d’octroyer hebdomadairement des fonds aux leaders politiques dans chaque localité en vue de les mobiliser en permanence autour de ses actions. D’où la création de ces sociétés qui ne faisaient pas grand-chose mais étaientrémunérées. Bref, ces fonds ont servis à mener des activités politiques et à construire des immeubles et autres biens au profit des promoteurs de ses structures.

 

Des conciliabules sur le dos du peuple

En fait, presque toutes les personnes citées dans ce dossier sont des personnalités politiques connues. Du moins celles qui sont derrière lesdites sociétés. Pour trouver le sommeil, elles avaient décidés de se rapprocher des premiers responsables de la Rupture. C’est ainsi que des entretiens individuels avaient été organisés et ces derniers avaient été reçus par un membre influent du pourvoir. Aux termes des différents conciliabules, le deal a été conclu.

 

Chacun des mis en cause notamment les députés et certains leaders politiques ont non seulement pris l’engagement de rembourser les montants qui leur ont été imputés à petit coup, mais de quitter les Forces cauris pour un Bénin (Fcbe) dont presque tous étaient issus et de faire allégeance au pouvoir de la Rupture. Voilà pourquoi au lendemain de cette affaire, une quinzaine de députés a suspendu sa participation aux activités des Fcbe et ont rejoint la mouvance présidentielle. Ceci justifie également le silence radio observé autour de ce dossier. Inutile de revenir sur la destination des fonds payés remboursés.

 

Mission accomplie et prolongation face aux résistants

Cette étape franchie, il fallait trouver autre chose pour faire plier ceux qui résistent toujours à rejoindre la Rupture ; d’où l’affaire Coton dans laquelle, les noms de Valentin Djènontin,Idrissou Bako et Komi Koutché avaient été cités. Selon toute vraisemblance, cette trouvaille aussi ne semble pas porter des résultats probants. Et la lutte continue avec l’affaire Fonds nationale de micro finance pour Komi Koutché. Au finish, il est difficile au regard de tout ce qui précède d’affirmer si les différents dossiers agités ça et là ont pour but de lutter contre la corruption ou s’il s’agit de machination pour contraindre certains leaders politiques de l’ancien régime à rejoindre la barque de la Rupture.

 

Eros NOUWOKPO

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