Basile Ahossi crucifie le gouvernement béninois

Publié le par Rochereau


L’honorable Léon Ahossi membre de la Commission budgétaire de

l’Assemblée nationale était face à la presse le samedi 26 décembre

2009. Ce fut l’occasion pour le député du G13 soutenu par

l’honorable Assane Séïbou et Claude Djankaki de démontrer

pourquoi il est impossible de voter en l’état le budget de l’Etat

exercice 2010.

 

Equilibrée en recette et en dépense à 1346 milliards Fcfa contre

1238 milliards Fcfa en 2009, la Loi de Finances 2010 masque des

problèmes et ne prend pas en compte les réelles préoccupations des

Béninois selon le député Basile Léon Ahossi. Cela se remarque au

niveau des dépenses de qualité. Par exemple au niveau de

l’agriculture, le gouvernement du Changement n’a aucune ambition.

Sinon comment comprendre que la part de l’agriculture dans lesdites

dépenses de qualité soit seulement de 4,1% contre 4,7% en 2009 ?

Alors que le seuil minimum préconisé par la Cedeao et l’Uemoa pour

la relance de la production agricole pour une autosuffisance

alimentaire est de 10 à 15%. Dans le domaine de la décentralisation,

le gouvernement de Yayi Boni n’a prévu que 19 milliards pour les 77

communes que compte le Bénin, soit 246 millions 753 mille Fcfa.

Ridicule selon le député du G13. Car, au moment où Dakar la plus

grande métropole du Sénégal est à plus de 10 milliards Fcfa, son

homologue du Bénin, Cotonou doit se contenter de 300 millions.

Un budget de campagne électoral

Les ambitions du gouvernement sont ailleurs. C’est pourquoi, selon

Léon Basile Ahossi, « les dépenses de transfert qui sont des fonds

non spécifiquement affectés et constituent une sorte de réserve

pour des financements à gré passent à plus de 161 milliards Fcfa soit

12% du budget 2010 ». Yayi Boni préfère continuer les opérations de

charme qui n’ont aucun impact sur l’activité économique en ignorant

royalement les recommandations du Fonds monétaire international

(Fmi). Le nombre de conseillers et de chargés de missions n’a pas

dimunié (80 au moins à Yayi Boni contre moins de 30 pour le Général

Mathieu Kérékou), la création anarchique des institutions de la

République en dehors du cadre constitutionnel. Il y a aussi la

volonté manifeste du gouvernement de poursuivre « la distribution

massive d’argent dans les meetings, les marches de soutien et de

remerciement au chef ». C’est pourquoi le député du G13 conclut

sans ambages que « le budget 2010 est celui du soutien à la

corruption. Il permet au gouvernement de se constituer un trésor de

guerre pour 2011 ».

Un budget de forte pression fiscale

En 2010, on va noter une paupérisation grandissante des Béninois.

Parce que le budget 2010 est conçu pour pressurer fortement les

opérateurs économiques et les consommateurs. A cet effet, l’article

246 alinéa 5 nouveauté de la loi de Finances est explicite : « à

compter du 1er janvier 2010, les remboursements de Tva

s’effectueront dans les 15 jours suivant la réception des demandes y

relatives à concurrence de 75%. A la fin de leur instruction, les soldes

validés pourront être remboursés aux entreprises bénéficiaires. En

cas de surplus de remboursement, la Tva remboursée à tort est mise

au rôle avec exigibilité immédiate. La liste des entreprises pouvant

bénéficier de cette facilité est établie par la direction générale des

impôts et de domaines au début de chaque année en fonction de

leur situation fiscale ». Au regard de cet article, Léon Ahossi

soupçonne une gestion partisane du remboursement de la Tva. C’est

pourquoi il se demande pourquoi une liste des entreprises et quels

seront les critères de sélection. La pression fiscale sera de 23% en

2010 contre 17% en 2009 soit un bon qualitatif de 5%. Cela est dû à

la création de nouvelles taxes. La redevance sur les communications

Gsm a été instaurée : 15 F la minute à l’appel international entrant et

2 F la minute pour tous les appels en interne. La pression fiscale

risque de décourager les nouveaux investisseurs et de contribuer à

l’appauvrissement des populations. Aussi, l’honorable Léon Ahossi

soutient que « tous les budgets sous Yayi Boni, manquent de

réalisme dans la définition des ressources et violent par conséquent

la règle de la pénultième ». En clair, ce son les dépenses de prestige

qui on droit de cité au détriment des dépenses utilitaires. « Les

ressources fantaisistes difficilement recouvrables » sont créées.

Aussi, les contribuables soit dépouillés afin que les désidératas

(voyage, fêtes, concerts gratuits, prières, meetings) du prince soient

financés.

Un gouvernement budgétivore

Un regard rétrospectif sur l’évolution des 15 dernières années du

budget de l’Etat montre « la gloutonnerie du gouvernement du

Changement ». Ainsi quand on compare les budgets des présidents

de l’ère du Renouveau démocratique, on constate aisément que le

budget 2008 de Yayi Boni dépasse l’ensemble des budgets du

quinquennat de Nicéphore Soglo. De même, en quatre ans de

gestion, les budgets de Yayi Boni dépassent ceux des deux

quinquennats du Général Mathieu Kérékou. Malgré cela, les deux

anciens présidents « ont fait chacun plus de réalisations que Yayi

Boni », martèle le député. Pire, la filière coton, principal produit

d’exportation est dans la rouge. Et le désespoir a gagné l’ensemble

des producteurs. Par ailleurs, en trois ans de gestions, Yayi Boni a

déjà lancé quatre emprunts obligataires s’élevant à 161,5 milliards

Fcfa contre un seul de cinq milliards durant les deux quinquennats du

Général Mathieu Kérékou et zéro emprunt obligataire sous

Nicéphore Soglo. Enfin, l’honorable Léon Ahossi dénonce les libertés

prises par le gouvernement du Changement vis-à-vis de l’orthodoxie

de la gestion des finances publiques. Ce qui est à la base de graves

scandales financiers à l’instar du dossier Cen-Sad, des tracteurs

agricoles et des 400 milliards d’Op qui peinent à être justifiés. Toutes

choses d’ailleurs qui fondent Léon Ahossi et ses collègues à se

presser lentement pour voter le projet de budget 2010.

Publié dans Article de presse

Commenter cet article