Déclaration de Maitre Adrien HOUNGBEDJI au sujet de la fête des forces Armées Béninoises

Publié le par Rochereau

Déclaration de Maitre Adrien HOUNGBEDJI au sujet de la fête des forces Armées Béninoises

Chers Amis, je voudrais d’abord m’associer aux hommages qui sont rendus par la nation béninoise toute entière à ces forces armées.

Nos forces armées ont montré pendant les cinquante années qui viennent de s’écouler, leur capacité à assurer la défense et la sécurité de notre pays à plusieurs occasions. Je m’associe aux félicitations qui leur ont été adressés à l’occasion de cette fête commémorative   de leur création.

Ils ont non seulement assuré la sécurité et la défense de nos territoires, de nos frontières, mais elles ont ensuite contribué à des missions de paix en Afrique, dans la sous-région et dans le monde. Missions de paix qui ont été autant d’occasion de montrer leur compétence, leur capacité et qui ont contribué au rayonnement du Bénin dans le monde entier. Je voudrais les en féliciter et m’associer aux festivités qui ont été organisé en cette occasion.

Je déplore que la date de cette commémoration qui aurait du se faire fin juillet et coïncider avec la date du 1erAout ait été  ramenée à quelques semaines de l’ouverture de la campagne pour les élections présidentielles et par conséquent je pense comme la plupart des Béninois qu’il s’agit d’une opération de récupération, une opération de propagande, une opération d’instrumentalisation de notre armée, toutes choses qui ne garantissent  pas la neutralité qui doit être  celle de l’armée.

Je le déplore même quand je regarde la plaquette qui a été éditée à l’occasion des ses cinquante ans avec la photo de propagande qui est derrière, je ne peux que partager l’inquiétude et la préoccupation des uns et des autres.

Cependant, je fais confiance au discernement, au patriotisme et à l’esprit républicain de nos forces armées  pour qu’elles ne  se laissent pas piégé par ce jeu de propagande, ce jeu d’instrumentalisation, ce jeu de matraquage médiatique.

Il ne suffit pas de mon point de vue, de féliciter les forces armées, mais il faut en même temps toucher du doigt les problèmes qui se posent aujourd’hui à nos forces armées. Problèmes qui doivent être résolus et que le gouvernement dans sa quête d’électorat est entrain d’occulter.

Leurs vrais problèmes c’est quoi ?

D’abord, c’est le problème des conditions de travail, des membres de nos forces armées.

Si je prends le cas des sous-officiers et des hommes de rang, ils sont admis à la retraite à 45 ans, 47 ans pour les hommes de rang, de 48 ans à 54 ans pour les sous-officiers. C'est-à-dire qu’ils ont admis à la retraite alors qu’ils encore en pleine force de l’âge.

Cela nous préoccupe parce que l’âge de leur mise à la retraite est trop précoce et ne permet pas à nos forces armées, à notre pays de capitaliser sur l’expérience que ce personnel a acquis.

 Et par conséquent, ce que nous allons faire est que nous allons réviser le statut général du personnel militaire et nous allons reculer l’âge de la retraite pour les hommes de rang et pour les sous-officiers.

Les conditions de vie de nos militaires sont dégradées, il faut les améliorer.

Lorsque vous allez au camp Guézo, lorsque vous allez au camp du 4e peloton de gendarmerie de Cotonou, lorsque vous allez dans les camps 1 et 2 de la gendarmerie à Porto-Novo, vous constatez un état de vétusté insoutenable. Et en saison de pluie par exemple, la zone vide du camp Guézo est inondée. Inondée au point que les militaires, les soldats sont obligés de laisser leurs effets vestimentaires à leur lieu de travail pour ne pas les dégrader là où ils vivent.

Donc les conditions de vie sont précaires et mauvaises.

Les primes de logement qui sont payées à nos officiers, à nos sous-officiers, à nos hommes de rang  sont également insignifiantes.

20000F pour un officier, 10000F pour un sous officier, 5000F pour un homme de rang. Qu’est-ce qu’on peut faire avec des sommes comme celles-là ?

 Cela pose de  vrais problèmes, mais le gouvernement ne veut pas qu’on les pose.

Eh bien, nous disons qu’il faut à court terme augmenter les primes de logement des officiers, des sous-officiers et des hommes de rang pour les adapter aux coûts  réels des loyers dans le pays.

Ensuite, à moyen et long terme, il faut réhabiliter les dortoirs des troupes qui sont dans un état de dégradation insoutenable et il faut y apporter

Il faut ensuite construire des logements dans les garnisons, notamment au camp Guezo, au camp de gbada, au camp de Ouesse et à Cana, Bemberèkè ne doit pas être une exception.

Moi j’ai été récemment à Gbada ou les hommes sont logés dans des anciennes usines IRHO dans les conditions de précarité inacceptable.

Je dis qu’il faut plutôt penser à ça, construire des logements pour les hommes dans les garnisons.

La santé de nos militaires, c’est la constitution qui garantit leur santé.

Eh bien les conditions dans lesquelles cette santé est garantie sont mauvaises.

Il faut assurer un suivi et une continuité dans les soins de santé.

Le gouvernement a annoncé qu’il a investi 29milliards dans  l’hôpital d’instruction des armées. Quand vous allez là-bas, les 29 milliards, vous les cherchez, vous ne les trouvez pas.

C’est la même chose partout :Insuffisance des équipements, insuffisance du personnel.

 Il ya un seul médecin spécialiste par spécialité, et c’est la même situation dans tous les garnisons.

Par conséquent, ce qui se passe au niveau des soins de santé de nos militaires est identique à ce qui se passe  au niveau des soins de santé pour la population. Il ya donc un effort à faire pour que les militaires soient soignés dans de meilleures conditions.

Quand aux conditions de travail, elles doivent être revues.

Je ne vais pas tout citer aujourd’hui mais je vais donner quelques exemples.

Vous saviez qu’il ya un champ de tir à Ouidah, un champ de tir à Ouèsse, un champ de tir à Agblangandan, ils ont été fermé. Et depuis , nos militaires sont obligés  pour s’entrainer au maniement des armes de se déplacer soit à Ouessè, soit à Cana.

Imaginez le déplacement qu’il faut faire depuis Porto-Novo pour aller jusqu’à Ouèssè ou à Cana pour s’entrainer.

Nous devons construire de nouveaux champs de tirs. Les brigades de gendarmerie, il ya en a un peu partout. Mais elles ne sont pas fonctionnelles pourquoi ?

Parce-que les véhicules légers qui leur permettront d’accomplir leur mission de sécurité, ces véhicules légers manquent.

Quand Vous prenez les magasins de dépôt, les conditions de sécurité péro-techniques et le risque d’accident sont permanents.

Ce sont les choses qui nous intéressent et par conséquent nous ne pouvons pas nous contenter de dire que c’est la fête.

Nous devons nous attacher à ces problèmes –là et les résoudre rapidement.

Voila ce que je voulais dire par rapport à ce qui a été dire et ce qui a été fait.

Encore une fois, Bonne Fête à nos forces armées Béninoises, et je leur dis que nous allons améliorer leurs conditions de vie et de travail.

 

 

Publié dans Actualité Béninoise

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