Démission du ministre Abiola du Madep, Yayi mange son blé en herbe dans le plateau

Publié le par Rochereau

Au cours d’une causerie avec ses députés, Boni Yayi aurait laissé entendre que c’est quand il a des problèmes, des difficultés qu’il se retrouve bien dans sa peau. A supposer que c’est le cas, il faut faire remarquer  que le chef de l’Etat a oublié que la multiplication des problèmes est loin de lui apporter ce bien-être qu’il ressent face à une difficulté. Toujours est-il qu’il est aujourd’hui de notoriété publique que Boni Yayi aime les querelles inutiles. La démission du ministre François Abiola du Madep de Séfou Fagbohoun et la création du parti de celui-ci, le Mesb en disent long sur la capacité du chef de l’Etat de se fabriquer des ennemis où il peut encore les éviter. En dehors de la version officielle pilotée par Antoine Idji Kolawolé et les autres du courant dur du Madep, l’entrée au gouvernement des ministres Abiola et Kint Aguiar avait reçu en sourdine la bénédiction du patriarche du Madep, le coq Séfou Fagbohoun. Ce faisant, le milliardaire de Ouèrè malgré tout le mal que lui a fait Boni Yayi, venait de lui tendre une main secourable. Puiqu’il pouvait s’opposer à l’entrée de ces cadres dans le gouvernement. Mais la sagesse avait pris le pas sur ce qui devrait l’être comme réponse aux coups  du chef de l’Etat à son encontre. Dès lors, il était attendu du chef du gouvernement qu’il tire le meilleur profit des cadres mis à sa disposition tout en veillant à ce que le cordon ombilical qui lie ceux-ci à leur parti d’origine ne rompe. Mais voici la réponse de Yayi : monter ses ministres contre leur source d’origine. Tout le monde sait avec quel acharnement Boni Yayi demande les choses en pensant qu’il peut du fait de sa position au gouvernement, faire de Abiola un autre Fagbohoun, dans le plateau. Et déjà, depuis le 11 mai 2009, le ministre pour faire plaisir à son patron avait déjà signé une démission du parti de Séfou Fagbohoun. Et c’est six mois après que la lettre atterrit au bureau du milliardaire de Ouèrè comme pour signifier à celui-ci qu’il venait de perdre un militant. En laissant les choses évoluer de la sorte,  Boni Yayi vient de manger son blé en herbe dans le plateau en perspective de la présidentielle de mars 2011 puisqu’il vient d’énerver simplement par le fait le leader charismatique de cette localité. Séfou Fagbohoun est un morceau déjà trop gros pour être bousculé dans cette localité surtout qu’il est l’un des rares députés au moinde à avoir réussi à se faire élire sans faire campagne alors même qu’il était en prison. Ce n’est pas intelligent de contrarier celui-là quand on rêve de compter parmi ses électeurs en 2011 les populations du plateau. Quant au pauvre Abiola, il vient de se faire griller de la carte politique du Bénin en acceptant d’être le pion sur lequel Boni Yayi a misé pour multiplier ses erreurs politiques. Pour qui connaît Fagbohoun et sa parfaite maîtrise de sa zone, le ministre Abiola vient d’amorcer une descente aux enfers. Le coq a des ergots trop géants et trop pointus et une crête trop rouge pour laisser le jeune poussin Abiola rêver d’un cocorico dans sa basse-cour. D’ailleurs à lire la lettre de démission de Abiola, on sent qu’il y a comme un forcing. On sent que le cœur du profsesseur n’était pas à la démission quand il écrivait cette lettre.
Aboubakar Takou
Article paru dans ''Le Béninois Libéré'' du mercredi 11 Novembre 2009

Publié dans Article de presse

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