Malaise au sein de la grande muette, ça se complique pour Boni Yayi

Publié le par Rochereau

Ce n’est plus un secret que le chef de l’Etat, Boni Yayi est dans de beau drap. Et pour cause, tout s’acharne contre lui. Alors qu’il est lutte acharnée pour conserver son pouvoir en 2011, il doit d’abord convaincre l’opinion publique et la classe politique sur sa bonne foi sur la réalisation de la Lépi. Lépi que les ténors du regroupement Union fait la Nation ne veulent plus, du moins dans la façon dont elle est conduite actuellement. On en était là quand, une correspondance est publiée dans la presse faisant état d’un malaise profond au sein de la grande muette. Dans cette lettre, le Colonel Sagui Raymond, Chef Division Logistique Opérationnelle dénonce le régionalisme et l’ethnocentrisme qui ont cours au sein de l’armée. Et il tient pour responsable le chef d’Etat major général de l’armée béninoise Mathieu Boni. Il est clair que la division est installée dans l’armée. Et ceci n’est pas de nature à arranger les choses pour Boni Yayi et à le rassurer d’autant plus que, le  Colonel Sagui Raymond ne mâche pas ses mots et semble ne pas se laisser marcher sur les pieds. Toute cette situation inquiète les populations qui se posent des réelles questions sur l’avenir de leur pays. Ceci d’autant plus que les signaux qui se dégagent ne les rassurent guère

 

 

Cotonou le 27 Août 2009

Force armées béninoises

Etat Major Général

Centre Opérationnel interarmées

Division logistique opérationnelle

Le Colonel Sagui Raymond, Chef Division Logistique Opérationnelle

 

A

Monsieur le Général de Division, Chef d’Etat Major Général

Objet : Reconstitution de Carrière d’un Officier Supérieur

Après ma lettre du 18 aout 2009, j’ai été reçu sur convocation par le ministre d’Etat Chargé de la Défense nationale en présence ; du Colonel Tawes Pascal. Des instructions vous ont été données de nous recevoir pour prendre en compte nos doléances. Par respect, j’ai repris service le lendemain de l’audience. Quatre mois après vous m’aviez infligé une punition de trente (30) jours d’arrêt de rigueur pour avoir ouvertement exprimé mon opinion sur votre style de commandement. Vous avez rejeté la solution ordonnée par le Ministre d’Etat charge de la Défense nationale. Vous avez notifié à l’Officier Supérieur désigné par le Ministre d’Etat pour nous introduire que Tawes et moi ne sont pas vos frères ; je cite « Vas t’occuper toi-même de tes frères. Ce sont des apatrides ».

Personnellement, je l’accepte. Je ne suis pas Baribas. J’accepte aussi être un apatride. J’ai pris les armes pour sauver nos frères Baribas menottés depuis Parakou pour être accumulés à la Prison civile de Cotonou après les élections de 1991.

Aucun officier Baribas ne s’en était soucié à l’époque. Vous avez choisi de jouer la carte de beau frère du Président Soglo pour vite aller à l’école de guerre en attendant le retour du Président Général Kérékou pour redevenir Béninois Nordiste et l’acculer, des interventions intempestives royales pour être nommé Général.

Je ne suis pas ton frère, mais le Roi de Nikki est mon père Je vous demanderais de consulter mon dossier dans lequel le calcul de mes notations a été clandestinement repris avec la ferme instruction de ne jamais m’en parler.

Votre style de commandement basé sur le clientélisme, la médiocrité, le tribalisme dans lequel les Officiers sont trimbalés et non commandés pour des miettes d’intérêt m’oblige à me démarquer de ce style de commandement ; l’Officier ne s’instruit pas, l’Officier ne s’épanouit pas, l’Officier doit tout accepter y compris votre enrichissement illicite à la tête des Forces Armées béninoises.

N’étant pas votre frère je ne serai jamais nommé Colonel au choix. En conséquence : Au nom du peuple béninois, au nom de mes frères Baribas pour lesquels je suis devenu apatride, conformément à l’ancien statut et au nouveau statut et compte tenu du fait que l’armée est commandée par un Général de Division formé en six mois sans diplôme d’Officier d’Active, je me nomme Colonel à compter de ma première proposition ; le 1er janvier 2007. Dans un délai raisonnable, je me verrai obligé de quitter le cadre militaire pour saisir le Président de la République, la Cour Constitutionnelle et le Parlement pour la sortie de mon décret de nomination. Je m’expliquerai plus largement devant le Président de la République, Chef Suprême des Armées. Toute tentative maladroite de m’inquiéter vous mettra devant une situation politico-militaire nationale très grave dont vous serez responsable des conséquences.

ATCR

 MEC » - CMGA - CEMAT

 CCOIA
article publié dans le journal ''La Nouvelle Marche''

Publié dans Article de presse

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