Montée de l’insécurité à l’approche des élections: Les opposants à Yayi sont-ils en danger ?

Publié le par Rochereau

 

Avec le braquage perpétré sur le ministre Moudjaïdou Soumanou, on enregistre le second acte d’insécurité en moins d’une semaine au Bénin après celui de la ministre Bernadette Sohoudji Agbossou. Le point commun de ces deux braquages est qu’ils ont pour cibles deux personnalités politiques. Ce qui ne manque pas de soulever l’inquiétude à l’approche des élections. On peut donc espérer qu’on n’a pas affaire ici à une triste loi des séries. Si tel était le cas, on peut donc se demander à qui la suite. Mais avant de se poser cette question, on doit se poser une autre : pourquoi ce sont seulement les personnalités proches de la mouvance présidentielles qui sont des victimes ? Dans le contexte politique qui est celui du Bénin, les suspicions légitimes auraient pesées sur le gouvernement Yayi dans l’hypothèse où les récentes agressions auraient eu pour victimes des membres de l’opposition. Il ne saurait d’ailleurs être autrement dans la mesure où le gouvernement du Changement a procédé à des mesures d’intimidation les plus variées avec pour point d’orgue l’enlèvement d’Urbain Dangnivo. Aujourd’hui les victimes sont les mouvanciers. Si demain il arrivait que ce soit les membres de l’opposition, le gouvernement pourra toujours avancer l’argument selon lequel cela ne relève pas d’une quelconque machination de sa part. A preuve, pourra-t-il continuer, même ses membres en ont été victimes. Si ce n’était l’issue dramatique, qui ne pourrait être au demeurant qu’un regrettable accident, de l’agression dont a été victime la ministre Sogbossi, une telle hypothèse ne serait pas à exclure. Un environnement d’insécurité créé autour de l’opposition pourra contribuer à la déstabiliser en réduisant ne serait-ce que sa capacité de mobilisation. Ce qui n’est pas rien. La vigilance doit donc être de mise.

 

Le Béninois

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