Rencontre manquée entre des personnes atteintes d’insuffisance rénale et le chef de l’Etat,La garde de Yayi charge des dialysés

Publié le par Rochereau

Triste sort. C’est ce qu’il convient de dire de la situation des quelques 300 Béninois qui souffrent actuellement d’insuffisance rénale chronique. Et pour cause, ces malades regroupés au sein de l’Association dialyses vie, en dépit de leurs multiples tentatives pour expliquer la situation aux autorités en charge de la santé, continuent d’être les victimes de ce mal qui frappe à grand coup dans leur rang. « Le mal dont on souffre dépasse la capacité boursière de chacun d’entre-nous. C’est pourquoi l’Etat a pris en charge la totalité des soins.

 

Mais malheureusement, depuis un an et demi, rien de tout ça n’est fait alors que dans le même temps, notre nombre augmente et les complications se multiplient », s’est indigné le secrétaire général de l’association, Edmond Amoussou. Pour lui, tout se passe comme s’ils sont condamnés à mort. Sinon comment comprendre, s’interroge-t-il, que beaucoup de leurs camarades meurent par cascades sans que la situation ne préoccupe la moindre autorité ? Toutefois, ils continuent de garder espoir et de se tirer d’affaire. Mais pendant combien de temps encore ? Il faut en effet s’en inquiéter, surtout que leurs conditions d’hospitalisation ne sont guère reluisantes et leurs chances de se faire écouter s’amenuisent de jour en jour. En témoigne leur tentative hier de rencontrer le chef de l’Etat, Yayi Boni à son domicile privé. Là encore, ils ont buté contre le refus catégorique de la garde présidentielle. Tel le combat de David contre Goliath, ces hommes en treillis en faction dans les parages, comme ils en ont l’habitude, ont sans crier gare pris à partie ces malades qui peinaient à se tenir débout et qui pourtant ne demandaient qu’une seule chose : rencontrer le chef de l’Etat pour lui rappeler ses engagements pris lors des récents états généraux de la santé. Rappelons qu’à l’époque, ce dernier avait décrété la gratuité de certains soins médicaux avec en premières loges, les personnes atteintes d’insuffisance rénale. Mais depuis plus d’un an, cet engagement solennel est vidé de son contenu. Conséquences, des morts tous azimuts dans les grands centres nationaux. Le même problème ramène à réfléchir sur la place qu’occupe le devoir de solidarité dans notre pays. Ceci parce que bien que ces malades en se rendant au domicile privé du chef de l’Etat n’ont pas respecté la procédure administrative, il suffisait pour les militaires présents sur les lieux de faire preuve d’humanisme pour que leurs causes soient entendues. Mais hélas !

Aziz Fondo,

Le Matinal

Publié dans Actualité Béninoise

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