Tidjani Serpos accuse deux ministres et deux ambassadeurs

Publié le par Rochereau


La polémique autour de Nouréini Tidjani Serpos, candidat malheureux à la direction générale de l’Unesco, refait  surface. Ce dernier, apparemment très furieux pour les malheurs dont il a été victime à travers sa candidature, n’est pas allé du  dos de la cuillère pour pointer le doigt sur ceux qu’il estime être les responsables de son échec.   Quatre principales accusations se dégagent de son communiqué de presse dans laquelle il réagit sur l’affaire. Il accuse d’entrée le ministre  des Affaires étrangères de n’avoir pas mis à sa disposition les fonds prévus pour sa campagne. Il accuse doublement, voire au-delà,  l’ambassadeur, président du conseil scientifique de l’Unesco,  Olabiyi Babalola Joseph Yaï, d’une part, d’avoir  déposé son dossier de candidature au dernier moment et d’autre part, de ne lui avoir  pas fait parvenir par les voies appropriées, la lettre de l’Unesco invitant les candidats à soumettre leur vision pour l’institution. Le candidat malheureux accuse  ainsi ses frères béninois  d’avoir saboté sa candidature, en dressant sur son  chemin  une série de péripéties. Que disent ces derniers de ces graves accusations ? Les tentatives pour entrer en contact avec le ministre des Affaires étrangères, afin d’avoir  sa version des faits se sont révélées vaines ; du moins pour le moment. Mais cela ne saurait tarder. Car de sources proches de son entourage,  Jean-Marie Ehouzou projette de monter au créneau pour  s’expliquer sur les démarches officielles entreprises   en faveur du candidat béninois et les faustes dénoncées par ce dernier. 

 

 

Communiqué de Presse de Nouréini Tidjani-Serpos sur l’élection du Dg UNESCO

05/11/2009

. Je tiens à féliciter Madame Irina Bokova pour sa brillante élection comme Directrice générale de l’UNESCO.

2. Je tiens bien sûr à exprimer mes vifs remerciements au Chef de l’Etat pour la confiance qu’il m’a faite en proposant lui-même ma candidature à ce poste, en s’impliquant personnellement dans les aspects stratégiques de la campagne et en s’informant régulièrement et directement auprès de moi du déroulement de tout le processus électoral.

3. En effet, le 12 mai 2009, le Président de la République a signé la lettre de présentation de ma candidature au poste de Directeur général de l’UNESCO. Dès mon arrivée à Paris, ce courrier a été déposé par mes soins dans la journée du 13 mai au secrétariat du Président du Conseil exécutif de l’UNESCO, Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï avec une ampliation au secrétariat de l’Ambassadeur, Délégué Permanent du Bénin, Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï et au secrétariat du Directeur général, Monsieur Koïchiro Matsuura.

4. Je tiens également à remercier toutes les personnalités politiques de tout bord qui ont soutenu ma candidature et qui, sur le plan international, ont activé positivement leurs réseaux d’influence. Parmi elles, je voudrais citer le rôle efficace et discret joué par les Présidents Emile Derlin Zinsou, Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji, le Professeur Albert Tévoédjrè et le Doyen des Lettres béninoises, Monsieur Olympe Bhély Quenum.  

5. Mes remerciements vont aussi au Président et aux membres du Conseil des Béninois de France ainsi qu’aux compatriotes de l’étranger qui, par leurs conseils, leurs avis, la mise à disposition de leur expertise et de leurs réflexions, ont créé un vivier intellectuel et humain dans lequel j’ai puisé une grande force argumentaire.  

6. Mes remerciements vont également aux citoyens africains et de la diaspora à tous les niveaux qui m’ont témoigné dans cette campagne de leur profonde sympathie et leur adhésion à ma vision pour l’UNESCO dans laquelle ils ont trouvé des mots et des chemins de l’espérance.  

7. Chacun comprendra que je puisse rendre ici un vibrant hommage et exprimer infiniment mes remerciements au pays membre du Conseil exécutif qui m’a accordé sa voix !  

8. Ma gratitude va également aux journalistes et aux médias qui m’ont renforcé tout au long de la campagne, de leurs points de vue, de leurs questionnements et de leur sympathie éclairée. La presse nationale, en particulier, a très tôt compris que je m’étais engagé jusqu’à la fin dans un processus mondial d’élection sans que le Ministre des Affaires Etrangères du Bénin ait daigné mettre à ma disposition un seul centime des fonds prévus pour la campagne. Ce n’est que le 25 septembre 2009, alors que tout était fini et que ma candidature avait été retirée après le 2ème tour du scrutin, que l’Ambassadeur Albert Agossou me fera parvenir un chèque de 85.055,79 euros (quatre-vingt cinq mille cinquante cinq euros et soixante dix neuf centimes, soit 55.792.941 CFA) au titre de «remboursement-préfinancements et dépenses de campagne» (annexe I). Le 25 septembre 2009 ! soit 6 jours après le retrait de ma candidature par le Ministre Chabi Zacharie sur une prétendue instruction du Chef de l’Etat, injonction qui se révèlera totalement fausse par la suite. Ma gratitude à la Presse nationale est d’autant plus profonde que sans elle, je n’aurais même pas su combien le Ministre des Finances avait mis diligemment à la disposition du Ministre des Affaires étrangères. Le non paiement d’une avance pour la campagne par ce dernier n’avait-t-il pas pour but inavoué et hautement déstabilisateur de m’empêcher de faire campagne en allant dans les 58 Etats membres du Conseil Exécutif afin de solliciter leurs suffrages ? Le plan de sabotage cynique mis à jour par la presse nationale et leurs questions jugées «indiscrètes» sur l’utilisation d’une somme de 250 millions de CFA dont j’ignorais tout, témoignent de sa volonté manifeste de m’empêcher d’avoir les moyens adéquats pour l’organisation de ma compagne.  

9. Je tiens également à remercier la presse nationale parce qu’elle a permis de mettre à nu l’un des arguments fallacieux de dépôt in extremis de ma candidature que les saboteurs de ma campagne ont avancé sans cesse pour justifier leur inaction et leur travail de sape.

En effet comme je l’ai signalé, la lettre du Chef de l’Etat ayant pour objet ma candidature a été signée le 12 mai et déposée le 13 mai dès mon arrivée à Paris au Conseil exécutif, à la Délégation permanente du Bénin et à la Direction générale de l’UNESCO. L’Ambassadeur Olabiyi Babalola Joseph Yaï, Président du Conseil exécutif m’a informé qu’il avait reçu des instructions fermes du Ministre des Affaires Etrangères d’ignorer la lettre du Chef de l’Etat qui devait être considérée comme nulle et non avenue. Ce n’est que lorsque le Chef de l’Etat à Syrte, lors du Sommet de la CEN-SAD , a confirmé ma candidature que l’Ambassadeur, Délégué permanent Olabiyi Babalola Joseph Yaï a implicitement accusé réception de mon dépôt du 13 mai en faisant déposer le dimanche 31 mai 2009, dernier délai de recevabilité, la lettre officielle de candidature (annexe II).

Ce faisant, le Ministre des Affaires Etrangères et l’Ambassadeur Olabiyi Babalola Joseph Yaï voulaient faire accréditer dans la presse et dans l’opinion publique la thèse d’une candidature de dernière minute et donc peu crédible. Or comme le montre la lettre SCX/2009/150 du 8 juin 2009 (annexe III), envoyée par le Président du Conseil exécutif, Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï, si la lettre du Chef de l’Etat déposée le 13 mai avait été enregistrée ce jour-là et non le dimanche 31 mai 2009 (dernier délai !), la candidature béninoise aurait été la 6ème enregistrée. En effet, après le 13 mai, date réelle du dépôt de candidature de notre pays, il y eut la candidature russe (25 mai), celle de l’Equateur (27 mai) et celle de l’Autriche (28 mai).  

10. Le plan de sabotage mis en place a atteint le summum de son intensité lorsque la lettre SCX/2009/154 datée du 11 juin 2009 adressée à chacun des neufs candidats pour leur demander de présenter pour le 1er août au plus tard leur vision de l’Unesco et leur biographie détaillée ne m’est pas parvenue (annexe IV). Elle ne pouvait pas me parvenir puisque le Président du Conseil exécutif, Monsieur Olabiyi Babalola Joseph Yaï, me l’avait expédiée sous couvert de S. EXC. Dr Thomas Boni Yayi, Président de la République du Bénin à Cotonou, ce qui de fait, transforme la Haute Autorité en facteur de son Ambassadeur! La raison invoquée étant que l’Ambassadeur Olabiyi Babalola Joseph Yaï ne connaissait pas mon adresse postale !  

 

En conclusion, ma candidature au poste de Directeur général a connu des péripéties si nombreuses qu’actuellement, je suis en train d’écrire un ouvrage sur ce thème avec des recommandations précises sur la politique à suivre en matière de placement des nationaux dans les Organisations internationales et régionales.

En attendant, je tenais à faire un point précis sur ce qui s’est passé autour de ma candidature afin d’éclairer l’opinion publique et tous ceux qui, très nombreux, m’ont manifesté leur soutien et à qui je renouvelle, ici, ma très grande gratitude.

Nouréini Tidjani-Serpos  

Cotonou, le 05 novembre 2009

Publié dans Actualité Béninoise

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