Voici comment Houngbédji a manqué le coach

Publié le par Rochereau

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Il était considéré depuis bien avant 1996 comme le troisième homme politique le plus populaire du Bénin. Logiquement Adrien Houngbédji était celui qui devrait accéder au pouvoir après la retraite constitutionnelle des présidents Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo. Mais au fil du temps et par des erreurs politiques, Adrien Houngbédji a manqué le coach. Quelques mois après l’élection de 2011, il est de bon ton de revenir sur les échecs répétés de l’homme.

La persévérance et la constance payent toujours en politique. C’est ce que ne semble pas savoir le président du Parti du Renouveau Démocratique (Prd), Adrien Houngbédji. Ses défaites successives en 2006 et 2011 sont évocatrices de ces erreurs politiques qui ne pardonnent pas. Avec le recul, on peut aisément analyser les raisons qui ont justifié ses échecs. Aujourd’hui, les faits montrent qu’en politique, il faut faire preuve d’une constance dans les idées et dans les positions. L’élection des présidents guinéen, Alpha Condé et nigérien Mahamadou Issoufou sont là pour en témoigner. On peut également citer le cas du président sénégalais Abdoulaye Wade, qui a accédé au pouvoir après de longues d’années d’opposition même si au dernier moment ses intentions laissent à désirer.  

Qui est Adrien Houngbédji

Adrien Houngbédji est né le 5 mars 1942 à Aplahoué au Bénin. Docteur d’État en Droit de la Faculté de Droit de Paris en 1967, major de l’École nationale de la magistrature française la même année. Il s’inscrit au barreau de Cotonou en 1968 où il dirige un important cabinet d’avocats. En 1976 il est condamné à mort pour avoir défendu un opposant au régime du président Kérékou. Il s’évade de prison quelques mois après et prend la poudre d’escampette pour Gabon où il exerce de nouveau sa profession.

Rentré au Bénin à l’occasion de la Conférence Nationale de 1990, il entre en politique en se faisant élire député, puis occupe à deux reprises les fonctions de Président de l’Assemblée nationale de 1991 à 1995 et de 1999 à 2003. Il crée en 1990 le Parti du Renouveau Démocratique dont il est le président et qui deviendra un des principaux partis politiques du Bénin.

Houngbedji et le soutien à Kérékou en 1996

Le 2 février 1991, au cours des premières élections sous l’ère du renouveau démocratique, Nicéphore Soglo est  élu président avec 63% des voix au second tour, face à Mathieu Kérékou. Celui-ci  s’isole alors dans sa demeure à Cotonou, et bien peu pensaient le voir revenir en politique, d’autant que la Conférence nationale l’a amnistié pour tous les faits de son précédent régime. En mars 1996, Nicéphore Soglo est candidat à sa propre succession pour un second mandat. Mais Mathieu Kérékou a repris goût à la politique.  A l’issue du scrutin, les deux viennent en tête des suffrages. Un second tour est nécessaire pour les départager. Adrien Houngbédji, arrivé troisième au 1er tour avec 19,7% des suffrages devient le faiseur de roi. Les tractations sont houleuses. Logiquement, les observateurs le voient soutenir Soglo qui devrait terminer son second mandat et lui passer le flambeau. Alors qu’il devrait signer un accord avec Rosine Soglo un après midi du mois de mars, contre toute attente, Houngbedji prend de court tout le monde et fait une déclaration à 13 heures ce même jour pour soutenir Kérékou. Le Général Kérékou remporte cette présidentielle avec 52,49% des suffrages contre 47,51% à Nicéphore Soglo qui en contestera d’ailleurs âprement le résultat. En toute logique, Houngbedji, qui disposait déjà de 19 députés avec son parti le PRD à l’Assemblée nationale, sera nommé Premier ministre (sans être chef du gouvernement), à l’issue de ce scrutin.

Présidentielle de 2001

L’élection présidentielle de 2001 sera l’occasion d’un formidable imbroglio électoral qui ne grandira pas le Bénin, pays qui jouissait de la réputation quelque peu surfaite de "laboratoire démocratique". Le premier tour de cette élection présidentielle a abouti à un second tour sans intérêt, puisqu'il opposait le président sortant, Mathieu Kérékou, à l'un de ses ministres, Bruno Amoussou, qui avait dans un premier temps appelé ses sympathisants à reporter leurs suffrages sur Mathieu Kérékou. Le 2e et le 3e respectivement Soglo et Houngbedji ayant refusé de continuer le processus.  Au finish,  Mathieu Kérékou fut réélu président au second tour, boycotté par Soglo puis par Houngbédji, avec 83,64% des suffrages contre son ministre, Bruno Amoussou (16,36%). Election qui avait été qualifiée de match amical.

De la réputation de démissionnaire

L’étiquète qui est le plus accolée au  président du Prd est celui de quelqu’un qui démissionne à la première difficulté. En effet, il est reproché à Houngbédji d’avoir démissionné du poste de premier ministre en mai 1998 alors que deux ans plutôt, il soutenait contre toute attente le candidat Kérékou contre Soglo. Mieux, les Béninois n’ont pas vu d’un bon œil, le fait qu’il démissionne une fois encore du poste de maire de la ville de Porto Novo, son fief électoral alors qu’il venait d’être élu brillamment en 2002. Cette sulfureuse réputation a d’ailleurs été utilisée comme argument de campagne par ses détracteurs en 2011. Ses explications lors d’une interview accordée n’y ont rien changé à la situation.

Houngbédji rattrapé par 1996 en 2006

Adrien Houngbédji était candidat aux élections présidentielles de 2006 après avoir occupé la 3e place à celles de 1996 et 2001. Le retrait de la course de Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo en raison de dispositions constitutionnelles en faisait un des principaux favoris pour l’élection présidentielle. Mais comment et pourquoi il a été battu au deuxième tour de scrutin le 19 mars 2006 par Yayi Boni ? La raison est simple.  Venu en 2e position à l’issue de ce scrutin avec 24% environ contre 35% environ pour Boni Yayi , le président du Prd a démarché les voix des autres candidats notamment Bruno Amoussou, et Léhady Soglo, fils de l’ancien président Nicéphore Soglo respectivement 3e et 4e mais en vain. Les Soglo et la RB n’ayant jamais digéré le coup qu’il leur a fait en 1996. C’est ainsi que lors d’une déclaration solennelle, ce collectif de malheureux candidats ave à leur tête le président Nicéphore Soglo porte son choix sur Boni Yayi pour le second tour. Logiquement, Houngbedji est battu au 2e tour par son challenger et néophyte politique Boni Yayi. Les Soglo venaient de se venger. Et comme le dirait l’autre, un but partout, match nul.

Houngbédji, le destin de perdant

Adrien Houngbédji, pour qui ne le savent pas a été un brillant avocat mais n’est pas prédestiné à être président de la République. Sinon tout était mis en œuvre pour qu’il le soit en 2011 mais hélas, chasser le naturel, il revient au galop. Ayant réussi à renverser la situation en sa faveur, Adrien Houngbédji est désigné à l'unanimité le 10 avril 2010 comme le candidat unique de l'Union fait la Nation (Un), une alliance politique de l'opposition regroupant plusieurs formations politiques, pour les élections présidentielles de 2011. Les anciens alliés de Boni Yayi en 2006 deviennent les alliés du président du Prd. En dépit de cette machine électorale, Adrien Houngbédji est battu dans les urnes. Une situation qui a suscité beaucoup de remous.

Houngbédji a manqué le coach depuis 1996

Le destin de Houngbédji a été scellé depuis qu’il a déclaré publiquement soutenir la candidature de Mathieu Kérékou lors de la présidentielle de 1996 contre Nicéphoer Soglo. En effet, ils étaient plusieurs ces observateurs qui s’étaient étonnés de cette prise de position alors qu’il avait la possibilité de faire réélire le président sortant qui devrait briguait son dernier mandat. Il aurait fallu qu’il soutienne Soglo père en 1996 qu’en 2001, celui-ci lui retourne l’ascenseur étant entendu qu’il ne devrait plus se représenter. Quand on prend les cas évoqués plus haut à savoir ceux d’Alpha Condé et Mahamadou Issoufou qui ont pu se faire élire après de longues années d’opposition, c’est que ceux-ci ont gardé une constance dans leur position politique. On ne peut pas vouloir du beurre et de l’argent du beurre. Les échecs successifs de 2006 et 2011 ne sont que la résultante des erreurs commises au fil de son parcours. S’il est vrai qu’en 2006, les Soglo lui rendu la pièce de sa monnaie, il n’en demeure pas moins qu’en 2011, ils aient oublié cet aspect même s’il a été désigné candidat unique de leur regroupement politique. La preuve, c’est que la Rb n’a véritablement pas mouillé la maillot en 2011 et pire après sa défaite, ce parti s’est empressé de rejoindre le nouvel élu. Histoire de dire que la boucle est bouclée, regardons ailleurs.

Rochereau AVIDOUTE

Publié dans Actualité Béninoise

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