Onze personnes interpellées et des procès verbaux emportés

L’élection du 4 mars continue de susciter des vagues au Togo

Agbéyomé Kodjo invite l’Onu à procéder au recomptage des voix

 

Les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de la présidentielle du 4 mars dernier au Togo continuent de faire des vagues. La dernière en date est l’interview accordée à la radio Kanal Fm par le candidat malheureux et président de l’Obuts Messan Agbéyomé Kodjo. Pour l’ancien premier ministre de feu Gnassingbé Eyadema, les résultats en sa possession donnent le candidat de l’Ufc Jean Pierre Fabre gagnant avec plus de 400.000 voix sur son challenger Faure Gnassingbé. Selon lui, il est impossible que le candidat du Rpt Faure Gnassingbé ait gagné le scrutin avec plus de 60% quand on sait qu’en 2005, il a obtenu 7% des suffrages exprimés. De plus, estime-il les 2/3 des Togolais n’ont pas voté. C’est pourquoi, selon le candidat de l’Obuts, si le président sortant ne reconnait pas les résultats sortis des urnes, il sera qualifié de spécialiste de Hold up électoral car, il n’a pas gagné l’élection et il répondra devant le tribunal de l’histoire. Aussi invite-il l’Organisation des Nations Unies (Onu) à se saisir du cas togolais en procédant au recomptage des voix afin de dégager le vainqueur ou à défaut que l’organisation onusienne vienne organiser une autre élection.  A la question de savoir l’aide qu’il pourra apporter à Jean Pierre Fabre pour qu’il récupère le pouvoir, l’intervenant laisse entendre que son rôle à lui est de lui passer la balle et c’est au candidat de l’Ufc de marquer le but. Comme on le voit les résultats du scrutin du 4 mars n’ont pas fini de susciter des réactions, en témoigne les manifestations qui ont opposé hier les manifestants de l’Ufc aux agents des forces de l’ordre dans la ville de Lomé.

 Yaovi Agboyibor demande l’invalidation pure et simple du scrutin

Le candidat malheureux à l’élection présidentielle du 4 mars, le leader du Comité d’action pour le Renouveau (Car) vient d’introduire un recours à la Cour constitutionnelle. Selon, les informations à nous parvenues, Me Yaovi Agboyibo demande à la Cour constitutionnelle chargée de proclamer les résultats définitifs d’invalider purement et simplement le scrutin de 4 mars pour les fraudes qui l’ont émaillé. A l’annonce de cette information, les Togolais ont souri du moment où selon eux, Agboyibo sait très bien que sa requête ne sera jamais recevable. Pour d’autres, l’avocat de Kouvé n’a pas voulu rester sans réagir mais cette manière de le faire parait saugrenue quand on se réfère aux résultats qu’il a obtenus. En effet, le candidat du Car passe de 8% en 2005 à moins de 3% en 2010. Et selon les observateurs avisés de la politique nationale, on ne voit à quelle fin il demande l’invalidation du scrutin du moment où quel que soit le cas de figure, il ne pourra jamais dépasser ses devanciers que sont le Rpt et l’Ufc avec son score microscopique. Veut-il jeter tout ce qui a été déployé comme moyens humains et matériels à l’eau. Nul ne le sait, toutefois, il faut reconnaitre que le temps n’est plus à des désirs irréalisables. Il faut être réaliste. On peut demander que des voix soient recomptées à des endroits précis quand on se sent léser mais, pas demander que toute l’élection soit invalidée. C’est une question de bon sens.

Echauffourée hier à Lomé

Face à face militants de l’Ufc et forces de l’ordre

Les dirigeants de l’Ufc et les militants contestent toujours les résultats provisoires rendus public par la Céni. Nonobstant l’interdiction à eux faite de manifester leur mécontentement à travers les artères de la ville de Lomé par le ministre de l’administration territoriale Pascal Bodjona pour motif que les manifestations publiques sont interdites les jours ouvrables,  les opposants de l’Ufc et des leurs alliés sont descendus hier dans les rues. En effet, très tôt hier matin, les éléments de la Force de sécurisation des élections présidentielles (FOSEP) chargée de la sécurité du processus électoral, ont bouclé les lieux du rassemblement des manifestants. La détermination des militants de l’Ufc et alliés de protester leur ras-le-bol a provoqué la riposte des forces de l’ordre. C’est ainsi qu’on a assisté à une émeute entre les militants de FRAC et les éléments de FOSEP sur le boulevard Félix Houphouët Boigny. Les pneus et vieux véhicules incendiés, les ordures ménagères et les étagères des bonnes femmes déversées sur la chaussée bloquant la circulation. Les forces de l’ordre ont eu à faire l’usage des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants en colère qui crient «Bodjona voleur ». Les jeunes camouflés dans les traboules, envoient les projectiles en direction des forces de l’ordre qui répondent par des gaz lacrymogènes. Dépassés par les évènements, les éléments de la sécurité publique déversent leur colère sur les badauds et les passants qui sont tabassés à coup de matraque. Cette altercation entre force de l’ordre et manifestants a duré plusieurs heures, toutefois on ne dénombre pas de victime si ce n’est que des blessés légers. Comme on le voit le Togo renoue avec la spirale d’élection émaillée de violence.

 

Descente musclée de la gendarmerie au QG de l’Ufc

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Au moment où les manifestants protester contre les résultats publiés par la Céni, les agents de sécurité publique en civile faisait une descente musclée au quartier général (QG) de centralisation et de traitement des données de l’Ufc. En effet, le parti du candidat à l’élection présidentielle Jean-Pierre Fabre, procédait au traitement des données des procès verbaux issus du scrutin quand des agents de la gendarmerie en tenue civile sont arrivé pour dit-ils embarquer les neufs personnes qui s’y trouvaient. Alertés les hommes des médias, les observateurs encore présents sur le territoire national se sont transportés sur les lieux. A leur arrivée, l’entrée dans la salle où étaient les agents de traitement des données de l’Ufc leur a été refusée. Le président de la commission justice et réconciliation monseigneur Nicodème Barrigah et l’évêque Kouton étaient déjà sur les lieux. Malgré leur explication, les éléments en mission pour le régime Faure n’ont pas voulu obtempéré. Déçu, monseigneur Barrigah sort de la salle en lançant au journaliste « c’est pénible ». C’est justement après son départ qu’un autre contingent est arrivé cagoulé et s’est introduit dans la salle de centralisation des résultats avec des armes. Les onze personnes qui s’y trouvaient ont été embarquées avec leur matériel de travail. Ils ont également emportée les procès verbaux du dépouillement du scrutin du 4 mars, des ordinateurs portables et des imprimantes. Aucune explication n’a été donnée à la presse en ce qui concerne les raisons de ces interpellations.