Résolution des crises entre le gouvernement et les partenaires privés : Si Valentin Djènontin allait à l’école de Marcel de Souza

Publié le par Rochereau

Depuis quelques semaines, une crise de confiance est née entre le gouvernement et quelques acteurs privés. Situation qui a eu et continue d’avoir des répercussions sur les reformes portuaires. Au même moment, une autre crise secoue la filière du coton. Les deux plus pourvoyeurs de richesse au Bénin. Comble de curiosité ce feuilleton a mis en exergue les mêmes acteurs, les mêmes figurants et les mêmes spectateurs.


Il s’agit du gouvernement béninois, de l’opérateur économique, Patrice Talon, des travailleurs et du peuple béninois qui joue ici le rôle de spectateur médusé. Si pour le dossier coton, une issue a été vite trouvée, on ne peut pas en dire autant de celui du Programme de vérification des importations de nouvelle génération (Pvi-Ng). En effet, au début du quiproquo entre le gouvernement béninois et Bénin Control de Patrice Talon, structure chargée de mettre en œuvre ce programme, beaucoup d’observateurs avaient estimé que les différentes parties avaient des raisons légitimes de défendre leur position mais que la meilleure solution était d’amorcer un dialogue. C’est connu de tout le monde, par le dialogue, des crises les plus importantes ont été résolues dans le monde entier.


 Mais contre toute entente, le principal acteur du gouvernement dans le dossier qui n’est autre que le ministre chargé de l’économie maritime Valentin Djènontin, qui prenait les rênes de ce département, il y a quelques mois, n’a pas cru devoir utile de suivre cette voie de la sagesse. Dès la volonté exprimée du gouvernement de revoir le contrat qui le lie à Bénin Control, ce ministre a affiché un zèle qui  a déconcerté tout le monde. Toutes ses sorties médiatiques avaient pour but de mettre de l’huile sur le feu, éloignait du coup toute chance de résolution de la crise de confiance née entre le gouvernement et Patrice Talon par la voie du dialogue.

En aucune occasion, le peuple n’a eu le sentiment que Valentin Djènontin rendait service au chef de l’Etat car cette reforme phare était la prunelle de l’oeil de Boni Yayi et même si ce dernier reproche des choses au contrat signé, il y a des voies plus indiquées pour corriger le tir. Les interventions de Valentin Djènontin ont causé plus de tort au gouvernement, aux acteurs portuaires, au climat des affaires et au peuple béninois qu’elles en ont arrangé. Mieux les Béninois avaient également le sentiment que le ministre voulait jeter en pâture quelques uns de ses collègues et ceci au mépris  de l’esprit de la charte gouvernementale signée.


 Au même moment, la façon dont la crise liée à la filière coton a été résolue a surpris plus d’uns. S’il est vrai que tout le monde a déploré au début la façon dont les intrants-coton ont été ramassés dans les dépôts de la société Atral à Allada, il faut aussi reconnaitre que le tact et la diplomatie avec lesquels le président du comité interministériel mis sur pied pour gérer la crise du coton, Marcel de Souza a fait montre ont permis un rapide retour à la normalisation. Après le feuilleton des engrais réquisitionnés sur terre et sur mer, la sortie médiatique de ce comité a eu le mérite d’expliquer la situation, de dissiper les malentendus et de temporiser les ardeurs. Le discours du ministre du développement  Marcel de Souza a été si conciliant que les acteurs impliqués se sont vus obligés de renouer le fil du dialogue. Ce qui laisse penser que ce ministre maitrise la communication politique. La preuve, la crise du coton se conjugue peu à peu au passé alors que celle du Pvi reste vivace et pour l’heure aucune porte de sortie n’est envisagée.  Aujourd’hui, on est en droit d’affirmer que Valentin Djènontin a raté le coach dans la résolution de ce problème. Devant cette situation, on est tenté de se demander pourquoi, le chef de l’Etat n’avait pas jugé bon de mettre sur pied un comité de crise pour gérer le dossier Pvi comme celui du coton et ne s’est pas attaché les services du ministre du développement qui semble avoir une longueur d’avance dans la résolution des tensions diverses ? Eu égard à tout ce qui précède, il ne sera pas superflu de conseiller au ministre de l’économie maritime, Valentin Djènontin d’aller à l’école de son collègue du développement car les débats qui engagent la vie de la Nation ne se mènent pas avec passion ni avec légèreté.


rochereau AVIDOUTE

Publié dans Article de presse

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